"Nous ne courons pas, nous marchons tranquillement, parce que nous avons du chemin"
Communiqué d’Ayotzinapa
Ayotzinapa, Guerrero, 12 juin 2015. - Le processus électoral [du 7 juin 2015] organisé par le narco-Etat mexicain et la classe politique avec le soutien des oligarchies et des élites économiques, a buté sur l’inconformité générale de millions de mexicains, ayant protesté chacun à leur niveau : certains ne sont pas aller voter, d’autres ont annulé leur vote, d’autres encore ont boycotté les élections. Nous reconnaissons, nous admirons et nous remercions le courage et la détermination de tous ceux qui, d’un bout à l’autre du pays, ont décidé de protester face à cette farce électorale organisée par les puissants, leurs médias et leurs larbins, avec ou sans uniforme.
Cela n’a passé été une mince affaire que de s’affronter à un Etat délictueux, à tout son appareil de contrôle social, politique et idéologique, ainsi qu’à ses forces répressives. Les résultats des agressions de l’Etat sont visibles : plus de 100 compañeros de Oaxaca ont été détenus, 25 sont toujours en prison, des centaines d’actions pénales sont en cours, les manifestations publiques ont été sujettes á de violentes dissuasions, à des blocus policiers et militaires, ainsi qu’au lâche et vil assassinat de notre compañero Antonio Vivar Díaz.
Nous vivons une caricature de démocratie, où les oligarchies nous obligent par tous les moyens à participer à un processus électoral dont les personnages n’ont aucune représentativité et sont liés au crime organisé. Les proches de notre compañero Antonio Vivar, assassiné à Tlapa, se demandent : “En quoi consiste cette démocratie, où on te tire dessus et on t’assassine en toute impunité si tu protestes contre un processus que tu considères illégitime ?” Il n’y a pas de réponses claires et convaincantes à cette interrogation. Mais il est évident que le régime prétend imposer sa vision propre et ses formes d’organisation politiques et sociales. La construction d’autres mondes et de modèles d’organisation pour la classe pauvre est considérée comme illégale et subversive, et proscrite en conséquence des coordonnées et des schémas du système politique et économique capitaliste.
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