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La ville doit payer d'exorbitants droits à l'image au cabinet d'architectes qui a conçu la Cité du vin.

La ville doit payer d'exorbitants droits à l'image au cabinet d'architectes qui a conçu la Cité du vin.

Le 27 septembre 2016

Pour acheter aux architectes les droits à l’image et à l’exploitation des produits dérivés du musée, la Ville débourse 450 000 euros. Plus 150 000 pour des « prestations supplémentaires ».

Les oreilles des architectes de la Cité du vin, le cabinet X-TU, ont dû siffler hier après-midi. Le vote au conseil d'un « protocole transactionnel » d'un montant de 600 000 euros, à leur intention, a soulevé de vraies aigreurs.

Fabien Robert, l'adjoint à la culture, expliquait en substance que c'est le succès considérable du bâtiment qui est à l'origine du problème.

Les auteurs veulent avoir leur part - leurs droits d'auteur sur les images, les produits dérivés, et même la marque Cité du vin.

Ils réclament aussi une rallonge à leur rémunération pour avoir redessiné en cours de route le mobilier, au-delà, à leurs yeux, de leur mission initiale.

« C'est des dessins, des dessins et des dessins », a reconnu l'adjoint à la culture. X-TU voulait 600 000 euros pour les droits, 276 800 euros pour les meubles, mais la négociation a abouti au solde de 600 000 euros.

« Ils sont particulièrement gourmands et procéduriers », s'insurge l'avocat Pierre Hurmic. « Pourquoi ces droits n'étaient-ils pas prévus dans le contrat initial ? » Et puis, « ils se prennent pour Frank Gehry ! » - l'auteur du musée Guggenheim de Bilbao - balance l'écologiste…

450 000 euros de Bruxelles

Alors Fabien Robert explique que « tout n'est pas noir ou blanc », qu'il y a « un risque », que « ce qui n'était pas prévu, c'était le succès », et que de toute façon, « le budget reste dans l'enveloppe prévue ».

D'autant qu'entre-temps, une subvention « inattendue » est tombée du ciel européen : 450 000 euros du Feder (Fonds européen de développement régional). Il paraît que ce n'était pas prévu non plus.

Malgré tout, Alain Juppé a une dent contre X-TU : « C'est une agence qui n'a pas maîtrisé son sujet. Il faut rendre hommage à Philippe Massol (le directeur de la fondation, NDLR) d'avoir mené les choses à bien. Et ils sont extrêmement procéduriers. »

La gloire, apparemment, ne se partage pas. Ou alors elle a un prix.

Qui exploitera ces droits ?

La ville de Bordeaux, devenue propriétaire des droits, ne va pas les exploiter elle-même. Un contrat va être passé avec la Fondation pour la culture et les civilisations du vin, exploitante du site, pour lui permettre d'exploiter à titre commercial "les marques, le nom de domaine et les droits de propriété intellectuelle" correspondants.

La redevance est égale à 10% du chiffre d'affaires annuel encaissé directement ou indirectement sur la vente de produits dérivés, avec un montant minimum de 15000 euros annuels.

Source :
http://www.sudouest.fr/2016/09/27/bordeaux-le-tres-cher-droit-a-l-image-de-la-cite-du-vin-2515228-2780.php

Tag(s) : #Divers Faits