Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

[Bordeaux] La vieille dame qui aimait trop les pigeons

Yep !

Un gros big up à notre amie Monique qui fait de la résistance pour sauver les pigeons bordelais du "oiseaucide"...

***
Le 27 juillet 2016

Place Fernand-Lafargue, une habitante s'obstine à nourrir les pigeons. En riposte, son immeuble a été équipé de piques anti-pigeons. Leur nombre diminue. Malgré le maïs de leur protectrice.

Place Fernand-Lafargue. Il est 10 h 50 jeudi. Le glacier vient d'installer sa terrasse sous son auvent tout bleu, tout neuf. Une rumeur a circulé en ville : les pigeons auraient perdu la guerre…

Mais si, vous savez bien l'histoire : cette septuagénaire amie des volatiles à l'excès, qui les nourrit au maïs le matin. Et exaspère ceux de ses voisins dont les bisets se gobergeant, par centaines, conchient les tables, les balcons, les fenêtres. Ceux des passants qui, lorsqu'ils surviennent avant les balayeurs, manquent de déraper sur les graines et les déjections.

La vieille dame du premier, au demeurant polie et courtoise avec le journaliste, est un peu narquoise : « Ah bon, ‘‘Sud Ouest'' s'intéresse à ça ? » Et bien oui, depuis longtemps. C'est qu'elle est aussi capable de chasser à coups de poêlon les employés municipaux qui tentent de capturer des pigeons… Ça fait jaser ! Et la place Fernand-Lafargue est si conviviale et festive dès la mi-journée !

Alors, cette défaite ? « Oui, non, peut-être… Je continue à les nourrir, mmoui… », dit-elle. Pourtant, on dirait bien que les pigeons ont perdu du terrain. Sans tapage. Avec une arme bien connue : les piques anti-pigeons.

À la manœuvre : In Cité, la société d'économie mixte propriétaire de l'immeuble où vit la dame, en a équipé tous les balcons, corniches et toitures. Dans l'immeuble voisin, la copropriété a payé une partie de l'opération, deux locataires ont complété.

Leur mamie nourricière

Résultat effectif : les pigeons invités au banquet matinal ne peuvent plus se poser de ce côté de la place. Ni venir s'attabler directement à la fenêtre de leur mamie nourricière. Sur les trois autres cotés, pas de picots métalliques en vue. C'est une affaire privée.

Mais il y a quand même un résultat stratégique : selon la mairie (ravie de l'aubaine), la concentration de pigeons a notablement baissé, et « la dame semble nettement moins active ». Bref, les services de propreté et d'hygiène respirent un peu mieux. On ne parle plus de capture, pour le moment.

Mais une bataille n'est pas la guerre. Si le glacier constate aussi l'amélioration, il va quand même devoir faire à nouveau nettoyer sa bâche.

Et au premier étage, Marielle Zographos, propriétaire parisienne de l'appartement où vit sa fille, profite du passage des journalistes pour monter à l'assaut. « Oui, elle continue de les nourrir. Et c'est complètement illégal. On la laisse ne pas respecter la loi ! » Elle soupçonne des protections de notables, s'indigne de l'indifférence du maire. Elle trouve que « la démocratie, ça va comme ça »…

Les pigeons font parler, et même dire des bêtises. Mais la colère est mauvaise conseillère. Et on n'est pas obligé d'aimer les pigeons d'amour tendre, comme dit la chanson.

Source :
http://www.sudouest.fr/2016/07/27/les-pigeons-perdent-du-terrain-2448189-2780.php

Tag(s) : #Divers Faits