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Les enfants volés d'Israël

Depuis l'UJFP le 25 juin 2016

Des dizaines d’années plus tard, la disparition d’un millier d’enfants en Israël reste un mystère.

Voici une vingtaine d’années, Haaretz publiait une série de reportages sur la disparition de centaines d’enfants mizrahi, la plupart provenant de familles yéménites, au cœur des premières années de l’histoire d‘Israël.

Avaient-ils été kidnappés et proposés à l’adoption ? Étaient-ils morts et avaient-ils enterrés sans que leurs parents en eussent été informés ? Ou y a-t-il une troisième possibilité ?


Des représentants de l’Agence juive saluent
des immigrants yéménites à leur arrivée en Israël.

Un jour, il y a vingt ans, je me suis rendu à Rehovot à la recherche de Beit Genazim, qui avait dans ses archives – s’il fallait en croire le rapport de la Commission Shalgi, instaurée en 1988 pour éclaircir le sort d’enfants yéménites qui avaient disparu au cours des premières années de l’histoire d’Israël – les rapports du centre d’accueil « Mother and Child » (Mère et Enfant), situé à Tel-Aviv, un orphelinat de passage géré par l’Organisation sioniste internationale des Femmes (WIZO).

J’avais fait ce déplacement après que Haaretz Magazine eut publié un certain nombre de reportages d’enquête sur « L’affaire des enfants yéménites ».

D’après le dossier, les archives se trouvaient dans le zoning industriel entre Rehovot et Yavneh. Des panneaux indicateurs m’avaient dirigé vers la limite ouest du zoning, où la route débouchait sur une petite place pavée entourée par quelques petites installations industriels et autres ateliers modestes.

Aucun d’entre eux ne mentionnait qu’on se trouvait à Beit Genazim. Un garde de l’une des usines m’avait indiqué le verger voisin, où un mauvais chemin menait vers un bâtiment à un seul étage.

Il n’y avait aucune indication, sur le bâtiment, dont l’entrée était bloquée par une lourde porte coulissante en acier. La porte n’était pas fermée.

Après l’avoir ouverte, je m’étais retrouvée dans un espace exigu où se trouvaient un comptoir et derrière, toute une série d’étagères. Debout, derrière le comptoir, se tenait un employé d’un certain âge. Je m’étais présenté en qualité de journaliste de Haaretz.

« Je vous attendais », avait répondu l’homme.

« Ainsi donc, les dossiers de la WIZO se trouvent ici ? »

« Oui »

« Puis-je les consulter ? »

« Avez-vous une autorisation de la WIZO ? Nous sommes une société privée qui ne se charge que de conserver leur matériel. »

« Mais les fichiers sont toujours ici ? »

« Oui. »

« Quelqu’un de la Commission d’enquête est-il jamais venu ici ? »

« Non. »

Lire la suite :
http://www.ujfp.org/spip.php?article5026

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Le 29 août 2016

Les enfants volés d'Israël. A partir de 1948, des familles juives yéménites ont été séparées de force.

Tsila Levine est-elle la fille de Margalit Amosi? Les deux femmes, assises côte à côte dans une salle d'audience, n'en doutent pas. Elles s'embrassent et échangent des sourires complices. Leurs retrouvailles, une semaine plus tôt, ont bouleversé le pays. La mère putative était à la recherche de son enfant depuis cinquante ans. Elle l'a reconnue aussitôt. Qu'un juge incrédule affirme le contraire, dates à l'appui, n'entame en rien son intime conviction. Margalit, la tête enveloppée dans un fichu, n'a plus grande confiance dans les autorités. Avec son mari et ses deux enfants, elle faisait partie des 50 000 Juifs yéménites transportés en Israël dans un exode organisé au lendemain de l'indépendance. L'opération, baptisée «Tapis volant», s'était faite dans la précipitation. Les fondateurs de l'Etat hébreu, originaires d'Europe, se retrouvaient confrontés à une culture diamétralement différente.

Mystérieuses disparitions. La famille Amosi avait été installée dans un camp de toile, à Rosh Ha'Ayin, près de la ville de Petah Tikva. Quand il faisait trop froid, les nourrissons étaient regroupés à l'infirmerie. Un jour, Margalit demanda dans un hébreu approximatif à voir sa fille. On lui répondit qu'elle «avait disparu». Aucune explication ne lui a été fournie, ni par les médecins ni par les responsables du camp.

Lire la suite :
http://www.liberation.fr/planete/1997/08/29/les-enfants-voles-d-israel-a-partir-de-1948-des-familles-juives-yemenites-ont-ete-separees-de-force_212183

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Le 27 juin 2016

L’énigme des enfants juifs séfarades disparus.

En complément à l’article mis en ligne sur notre site : "Des dizaines d’années plus tard, la disparition d’un millier d’enfants en Israël reste un mystère", voici un article paru dans le journal suisse "Le Temps" : "L’énigme des enfants juifs séfarades disparus", le jeudi 23 juin 2016.

Entre 1948 et 1954, 3500 à 5000 enfants ont disparu sans laisser de trace dans des hôpitaux et déclarés morts. Les familles demandent une enquête depuis des décennies. Le secret devrait bientôt être levé.

Avec son fichu sur la tête, ses grandes lunettes et son sourire généreux, Yona Yossef (84 ans) a tout d’une grand-mère chaleureuse. Elle s’exprime d’une voix douce et ne prononce jamais un mot plus haut que l’autre.

C’est d’ailleurs sur le même ton - et presque en s’excusant –- qu’elle confesse « ne plus dormir normalement depuis soixante et un ans ». Depuis le jour où elle a dû annoncer à ses parents que sa petite sœur Saada, envoyée dans un dispensaire médical pour y subir un soin bénin, avait été déclarée morte par des infirmières qui l’avaient aussitôt fait enterrer dans un endroit secret.

Une étrange histoire ? Dans les années qui ont suivi la création d’Israël en 1948, de 3500 à 5000 familles juives séfarades (originaires du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient) ont connu le même malheur que Yona Yossef : leurs enfants confiés à des médecins ou à des infirmières se sont tout simplement évaporés.

Officiellement, ils sont morts mais personne ne sait où ils sont enterrés.

Lire la suite :
http://www.ujfp.org/spip.php?article5030

Tag(s) : #Palestine, #Infos Internationales