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Le 15 septembre 2015

Les habitants d’un quartier font expulser une famille de Roms en Isère.

Une famille rom squattait une maison inhabitée près de Grenoble, à Saint-Martin-d’Hères, jusqu’au vendredi 11 septembre, jour où sous les cris de joie d’une foule de riverains, la police a encadré son départ.

C’est la troisième éviction que subit la famille, qui s’était installée dans la maison de Saint-martin-d’Hères (Isère) mardi dernier, mais celle-ci était particulièrement violente...

Vendredi, une foule bruyante, qui fait penser à celle des chasseurs de Frankenstein, s’est réunie devant la maison en cause. Le propriétaire, avait fait appel à ses amis et voisins:

“Comme j’ai vu que les choses n’avançaient pas trop du côté de la police, j’ai fait appel aux voisins,  dit-il à France 3 Alpes. Sans haine sans rien du tout, uniquement pour récupérer mon bien. […] Je n’ai rien contre les Roms mais je n’aime pas cette façon de procéder.”

Pourtant, la façon de procéder des riverains, l’agressivité, les cris, les poings levés et les tentatives de forcer le grillage de la maison, que l’on voit sur la vidéo, ne ressemblent pas vraiment à une manifestation pacifique.

Dans la foule, tous ne sont pas en faveur de l’expulsion de la famille mais le dialogue semble impossible. A une dame qui désapprouve la manifestation, une autre répond : “Accueille-les tous chez toi et après on verra !.”

“Nous savions qu’il y allait avoir une mobilisation des voisins alors nous avons appelé la mairie afin qu’elle joue son rôle de médiateur. C’était son rôle d’expliquer aux gens qu’il existe un droit du logement et un droit de réquisition”, explique Christine*, du collectif La Patate chaude qui défend les droits des Roms dans la région.
La patate chaude :
https://collectif16septembre.wordpress.com/

“Le droit est bafoué. D’une part parce que les riverains n’ont pas le droit de se constituer en milice. Certes, ils ne sont pas entrés dans la maison mais ils se sont acharnés et hurlaient des invectives sexistes et racistes. D’autre part, j’insiste sur le fait que le propriétaire n’a pas suivi la voie légale! On est quand même dans un Etat de droit”, s’indigne la militante du collectif qui rappelle que le droit au logement est un droit constitutionnel.

Sous les applaudissements du rassemblement, la police arrive. La famille sort de la maison “dans la terreur et sous la pression”, selon Christine. Légalement, elle aurait pu y rester tant qu’une décision de justice n’avait pas été prise ; d’ailleurs la police “n’est pas intervenue dans les locaux mais seulement à l’extérieur, pour faire retirer les manifestants”, précise Christine, présente sur les lieux vendredi.

“C’est la meilleure décision madame, ne pleurez pas !“, lance un homme à une femme accompagnée d’enfants qui sort de la maison.

“Ferme ta gueule, sale facho va !” lui réplique-t-elle.

La mairie de la ville s’est chargée de financer trois nuits d’hôtel à la famille vendredi soir, et a prolongé hier l’hébergement pour trois nuits supplémentaires.

“La maison est inoccupée depuis des années“, raconte Christine. Le logement venait d’être vendu, et ne devait pas être la résidence principale de Roger Mazoyer, le propriétaire.

La famille, et ses trois enfants scolarisés, vivent dans la région de Grenoble depuis longtemps : ils vivaient auparavant dans le bidonville de l’agglomération.

Après son évacuation en juillet dernier, ils ne faisaient pas partie des 147 personnes sur les 400 à avoir été prises en charge pour  l’hébergement.

Voir la vidéo :

Tag(s) : #Divers Faits