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Le fossé entre riches et pauvres à un niveau record depuis 30 ans

Le 21 mai 2015

Un rapport de l'OCDE souligne que les inégalités de revenus ont atteint un niveau record depuis les années 1980. La crise a largement contribué à leur aggravation.

Les inégalités n'ont jamais été aussi importantes dans le monde et «le fossé entre riches et pauvres continue de se creuser.» Le dernier rapport de l'OCDE sur les inégalités dans le monde souligne que la situation n'a jamais été aussi critique. « Dans la plupart des pays de l'OCDE, les inégalités sont aujourd'hui à leur paroxysme depuis que les données ont commencé à être rassemblées », c'est-à-dire depuis les années 1980, indique le rapport. Qu'est-ce qui explique cette hausse ?

• Le chômage est devenu le principal facteur d'inégalités de revenus

Avant la crise, les inégalités salariales constituaient la composante majeure des inégalités de revenus. La problématique n'était alors pas d'avoir un emploi mais d'avoir un emploi bien payé. Les années de crise, entre 2007 et 2011, ont opéré un changement dans les facteurs expliquant la hausse des inégalités dans les pays de l'OCDE. Le chômage massif induit par la chute de l'activité économique devient alors la première source d'inégalités : les revenus des personnes sans activité sont largement inférieurs à ceux qui travaillent et l'ampleur du phénomène contribue à la hausse brutale des inégalités.

Dans le même temps, les inégalités salariales continuent de s'accroître. En moyenne, le coefficient de Gini* (indice qui mesure l'inégalité) des pays de l'OCDE a augmenté de 1,5% entre 2007 et 2011. Même ceux qui ont un emploi sont donc touchés par les inégalités.

• Les politiques publiques ont changé d'objectif

Au début de la crise, les gouvernements se sont efforcés de maintenir les taux d'imposition aux taux pratiqués avant la crise pour ne pas aggraver les inégalités et ont renforcé les avantages sociaux permettant de contenir les inégalités de revenus. Mais à mesure que la crise avançait et que les déficits publics s'aggravaient faisant grimper en flèche les dettes nationales, les gouvernements ont revu leurs priorités. Les programmes de consolidation budgétaire ont pris le pas sur les préoccupations sociales : les impôts ont augmenté et les aides sociales ont été réduites dans un souci de réduction des dépenses publiques. Les politiques qui contribuaient jusqu'alors à amortir les inégalités de revenus les ont subitement aggravées.

• Les catégories les plus défavorisées ont le plus pâti de la crise

Alors que la crise aurait pu contribuer à réduire les inégalités en incitant les entreprises à revoir à la baisse les salaires les plus élevés, elle a au contraire touché de plein fouet les catégories les plus défavorisées. Les foyers à faibles revenus ont  «soit perdu davantage durant la crise soit moins bénéficié de la reprise que les autres », indique ainsi le rapport de l'OCDE. En moyenne, le revenu des 10% les plus pauvres a davantage baissé que celui des 10% les plus riches. Cette baisse a également été plus précoce, intervenant dès 2008 alors que les revenus des autres foyers ont été touchés seulement à partir de 2009. Pour l'OCDE, ce constat « est particulièrement inquiétant, puisqu'il souligne une tendance à long terme ».

* Le coefficient de Gini vaut 0 dans les cas d'égalité parfaite (tout le monde a le même revenu) et 1 dans une situation d'inégalité extrême (une personne détient tout le revenu, les autres n'ont rien).

Source :
http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/decryptage/2015/05/21/29002-20150521ARTFIG00107-le-fosse-entre-riches-et-pauvres-continue-de-se-creuser.php

Tag(s) : #Infos Internationales