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Pérou - 300 000 femmes stérilisées de force

Transmis par Sista Paoli

Le 18 août 2014

Au Pérou, 300 000 femmes stérilisées de force

Entre 1995 et 2000, plus de 300 000 Indiennes ont été stérilisées, souvent de force et dans des conditions précaires, au nom de la lutte contre la pauvreté. Nombreuses sont celles qui sont mortes des suites de l'opération, et toutes portent, aujourd'hui encore, de lourdes séquelles morales, physiques et sociales.

Par Liliane Charrier

Elles viennent des forêts amazoniennes ou des hauts-plateaux des Andes. Elles n'ont accès ni au système scolaire ni aux services de santé, et comptent parmi les 13 millions de Péruviens considérés comme pauvres ou très pauvres. La plupart ne savent pas lire et ne parlent que le quechua, la langue de leurs ancêtres incas. Au début des années 1990, ces femmes avaient en moyenne 5 ou 6 enfants. Autant de bouches à nourrir, certes, mais aussi de bras pour les aider aux champs.

En 1995, à la conférence sur les femmes de l'ONU de Pékin, un seul chef d’état masculin est présent : Albeto Fujimori, alors président du Pérou. Il promet une stratégie intégrale de planning familial "pour les femmes puissent disposer en toute autonomie et liberté de leur vie." Une annonce aux accents de promesse d’ouverture dans ce pays conservateur. "Les études montraient alors que le désir des Péruviennes, toutes classes confondues, était d’avoir, en moyenne, 2,2 enfants par femme," déclare Alejandro Aguinaga, à l'époque vice-ministre de la Santé. Alors quel est le devoir de l’Etat, sinon de faire de leur désir une réalité ?" Mais lorsque la limitation des naissances devient une stratégie de lutte contre la pauvreté, le planning familial devient un devoir.

Contrôle démographique contre aide au développement

Or à l'époque, le Pérou est en proie à une crise profonde, dont il tente de sortir en faisant appel aux organisations internationales. Dès 1990, le président Alberto Fujimori sollicite la Banque mondiale qui, pour réintégrer le pays à l’économie mondiale, lui demande de libéraliser son système. Elle propose aussi des prêts d’aide au développement soumis à conditions, dont le contrôle de la croissance démographique. Alors le Pérou s’engage à faire passer le taux de natalité de 3,4 enfants par femme en moyenne en 1995, à 2,5 en 2000. Un objectif drastique, mais approuvé par la Banque mondiale, qui consent alors à l'état péruvien un prêt de 150 millions de dollars.

"Le communisme voyage dans les ventres vides"

En 1995, la menace bolchévique s’est éloignée avec la chute de l'URSS. Encore sous le coup de la guerre froide, les Etats-Unis veulent à tout prix éviter la contagion communiste dans les pays pauvres. A commencer par le Pérou, fragilisé par plusieurs années de lutte entre l’armée et la guerilla maoiste du Sentier lumineux, qui sévissait dans les régions andines.

Et pour lutter contre la paupérisation de ce pays, carrefour stratégique dans une zone instable, entouré de pays agités par la guerilla, le narcotraffic et l’émigration, les Etats-Unis estiment qu'il faut d'abord endiguer la croissance démographique.

"Vous savez ce que disent les Américains ? Le communisme voyage dans les ventres vides", explique l'historien Matthew Connelly dans le documentaire Le ventre des femmes, par Mathilde Damoisel.

Aussi l'Agence Américaine pour le Développement International (USAID), décide-t-elle de contribuer à hauteur de 30 millions de dollars au programme de planning familial du Pérou, et d'apporter son expertise.

Lire la suite :
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/Terriennes/Dossiers/p-28923-Au-Perou-300-000-femmes-sterilisees-de-force.htm

Tag(s) : #Infos Internationales, #Divers Faits