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Le business de la migration

Transmis par Céline depuis le Gisti

Un article de Claire Rodier - Juin 2014

La dimension économique de la migration n’a longtemps été abordée que sous l’angle du bilan coût/avantage pour les pays d’accueil, ou encore de son rôle dans le développement des pays d’émigration lié aux fonds qui y sont envoyés par les personnes migrantes.

Avec le durcissement des politiques migratoires, un nouveau thème est apparu, celui de l’exploitation par des réseaux criminels – auxquels sont mécaniquement assimilés les « passeurs-facilitateurs » souvent migrants eux-mêmes – du besoin de franchir des frontières toujours plus verrouillées.

Qualifiée par le collectif Cette France-là de « stratégie rhétorique » destinée à légitimer « des politiques de plus en plus restrictives, brutales et attentatoires aux droits fondamentaux », la thématique des passeurs sert de surcroît à masquer une forme autrement plus lucrative d’exploitation de la migration, encouragée celle-là par les gouvernements puisqu’elle sert les dispositifs de « gestion des flux migratoires ».

Les formes récentes de cette gestion fournissent, depuis une quinzaine d’années, une manne qui n’est sans doute pas près de se tarir.

On pense aux profits tirés du développement de la technologie sécuritaire dans le secteur de la surveillance des frontières, mais aussi de tout ce qui ressort dans les pays d’immigration des législations sur l’accueil, l’hébergement, la détention et l’expulsion des étrangères et des étrangers.

Dans les deux cas, les bénéficiaires de cette manne sont à titre principal des entreprises privées : industries d’armement et aéronautique, sociétés d’assurance, sociétés de sécurité, prestataires privés pour la gestion des visas, ainsi qu’une kyrielle d’opérateurs impliqués dans l’application des politiques migratoires et d’asile.

Dans une savoureuse « recension des vautours qui se font du fric avec la machine à expulser », le site d’informations alternatives Infokiosques a mis en ligne, en 2009, la liste détaillée des constructeurs et des architectes de centres de rétention administrative, des prestataires de services qui en assurent le quotidien (repas, blanchisserie, nettoyage), des sociétés de transport qui convoient des expulsé·e·s, des sociétés hôtelières à qui sont louées des chambres pour les personnes retenues, ainsi que des associations qui interviennent dans les centres de rétention administrative (CRA) sous contrat et des cabinets d’avocats qui défendent les intérêts de l’administration dans les contentieux de l’éloignement.

Lire la suite :
http://www.gisti.org/spip.php?article4668

Le lien infokiosques :
http://infokiosques.net/lire.php?id_article=763

Tag(s) : #Migrant-e-s