Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Eran Efrati - Un soldat israélien témoigne et Facebook le censure

Le 5 août 2014

Un militaire israélien arrêté pour avoir parlé sur Facebook de représailles contre les civils de Gaza.

Eran Efrati est un ancien sergent des forces armées israéliennes devenu lanceur d'alertes. Agé de 28 ans, il a été arrêté par les autorités israéliennes et interrogé sur ses recherches relatives à l'utilisation d'armes interdites à Gaza.

Le mardi 29 juillet, Efrati a annoncé sur Facebook qu'il détenait des informations provenant des Forces de défense israéliennes (IDF) qui démontrent ce qu'il dit être la vraie raison du massacre de Shuja'iyya du 20 juillet, 9 jours auparavant, à savoir que des civils ont été bombardés et tués par l'armée israélienne en représailles à la mort de soldats de leurs unités.

***
Son témoignage

"Ces dernières semaines je me trouvais à la frontière de Gaza où des soldats de la Bande de Gaza m'ont confié des informations. Je prépare actuellement deux grands reportages pour des journaux nationaux américains, et je suis en mesure de vous révéler quelques informations dès maintenant. Des soldats de deux différentes unités situées à l'intérieur de Gaza ont laissé entendre que l'attaque de snipers qui a tué des Palestiniens dans le quartier de Shuja'iyya venait en représailles contre la mort de soldats de leurs unités. Suite à la fusillade qui visait des officiers israéliens armés et qui a tué sept militaires de la brigade Golani, l'armée israélienne a entrepris de pilonner le quartier de Shuja'iyya. Le lendemain du massacre, de nombreux Palestiniens sont venus chercher les membres de leurs familles et leurs amis parmi les décombres.

Sur une vidéo diffusée sur YouTube, on voit un jeune homme palestinien, Salem Shammaly, qui appelle ses proches en les recherchant au milieu des ruines, quand tout à coup il est touché à la poitrine et s'écroule. Quelques secondes plus tard, il est atteint par deux tirs de snipers qui le tuent sur le coup.

Depuis la publication de cette vidéo aucun commentaire officiel de la part du porte-parole de l'armée israélienne n'a été fait. Aujourd'hui on sait que l'ordre officiel donné aux soldats à Shujaiyya était de s'emparer des habitations palestiniennes considérées comme des avant-postes. De ces avant-postes, les militaires ont dessiné une ligne rouge imaginaire et ont décidé ensemble de supprimer toute personne qui traverserait cette ligne. Toute personne qui traversait la ligne était considérée comme une menace pour leurs avant-postes et devenait une cible légitime. C'était l'argumentation officielle au sein de ces unités.

On m'a dit que la raison officieuse était de permettre aux soldats de se libérer de leurs frustrations et de leur peine dues à la perte de leurs camarades (c'est un fait que, pendant des années, l'armée israélienne n'a pas assumé ses opérations à Gaza et en Cisjordanie), en tirant sur les réfugiés palestiniens de la zone.

Sous prétexte d'une prétendue “menace sécuritaire” les militaires ont été amenés à une attaque planifée pour se venger sur les civils palestiniens. Ces récits s'ajoutent à ceux qu’Amira Hass et moi avons réunis lors de nos recherches sur la Guerre de Gaza. Le nombre de morts ne cesse d'augmenter et va bientôt atteindre celui du massacre de 2009.

Plus de 1 100 personnes ont été tuées à Gaza, dont au moins 80% de civils.

Aujourd'hui on annonce qu'au moins 4 militaires ont été tués par une roquette à l'extérieur de Gaza, et un autre à Gaza. Ils s'ajoutent au 43 militaires déjà tués.

Nous savons que d'autres actes de vengeances vont avoir lieu et il est important de ne pas se taire. Il faut descendre dans la rue et s'exprimer sur les réseaux sociaux.

Où que vous soyez demandez à vos représentants politiques de cesser de soutenir ce massacre et de boycotter immédiatement l'Etat d'Israël jusqu'à la fin de l'occupation, la levée du blocus et la libération des Palestiniens. Nous voulons tous être au bon endroit au bon moment quand l'histoire est à notre porte, et l'histoire se passe à Gaza en ce moment. Il faut décider de quel côté de l'histoire on veut se ranger."

***
Outre le fait d'être arrêté et interrogé, Efrati a eu son compte Facebook et sa boîte mail bloqués et aurait reçu des menaces de mort visant à le faire taire.

Facebook censure - Il témoigne

"J'ai récemment été arrêté par les autorités et interrogé sur les recherches relatives à l'utilisation d'armes illégales à Gaza, mon mail et mon compte Facebook ont été bloqués. Et on m'a clairement signifié que je risquais ma vie et que je devais me taire et rester tranquile.

Mais je ne vais aller nulle part. Ils peuvent fermer mes accès aux réseaux de communication, mais cela ne veut pas dire que je ne suis pas là, je trouverai bien un moyen de vous communiquer l'information, et je suis sûr que vous la ferez passer, que vous descendrez dans la rue pour la divulguer. Demandez à vos députés, à vos gouvernements de cesser de financer cette tuerie, de boycotter Israël et d'arrêter le bain de sang à Gaza. Le monde entier vous regarde en ce moment, l'histoire est en train de se faire et je compte sur vous."

Lire la suite :
http://fr.globalvoicesonline.org/2014/08/05/172965/

Tag(s) : #Palestine