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Lyon - Remise à la rue des SDF au forceps

Depuis Rue89 Lyon, le 2 avril 2014

Malgré les annonces ministérielles, la « politique du thermomètre » continue. Depuis la fin du plan froid, la majorité des centres d’hébergement ferment dans l’agglomération lyonnaise. Les SDF doivent retourner à la rue. Mais certains refusent de partir.

Le 31 mars marque la fin du plan froid. Autrement dit la fermeture de la grande majorité des centres ouverts pour héberger les SDF pendant l’hiver.
En une semaine, 400 places ont déjà fermé. D’autres vont suivre. A la fin de la semaine, il ne devrait rester qu’environ 300 places sur les 800 ouvertes pour l’hiver.

Mais depuis lundi, à Villeurbanne, une quarantaine de personnes refusent de retourner à la rue. Soutenues par des militants du droit au logement, elles demandent la « continuité » de l’hébergement telle qu’inscrite dans la loi.

Ce jeudi, non loin du premier lieu, toujours soutenues par ces mêmes militants, une trentaine d’autres personnes se sont maintenues dans un centre d’hébergement ouvert dans une ancienne caserne de pompiers et géré par l’Armée du Salut.

Les annonces de Cécile Duflot aux oubliettes

Ces derniers jours, le mot avait circulé dans les réseaux des militants du droit au logement : au printemps les SDF risquent de retrouver plus rapidement la rue après la fin de la période hivernale.
La grande majorité des hébergements ouverts pour l’hiver sont en train de fermer alors que l’année dernière, la « sortie » du plan froid s’était faite de manière progressive jusqu’au mois de juin, après les annonces de Cécile Duflot, alors ministre du logement, sur la fin de la « politique du thermomètre ».

Ce lundi 31 mars, plusieurs dizaines de militants d’associations de la Ligue des Droits de l’Homme, du MRAP ou de RESF se sont rendus dans ces structures gérées pour le compte de l’Etat par des associations prestataires.

Ils ont investi les lieux dans l’intention de soutenir les SDF qui n’avaient nulle part où aller. Pour leur expliquer notamment que la loi leur garantissait une continuité dans l’hébergement et qu’une remise à la rue était illégale.

Crayane et ses deux enfants ne veulent pas partir

A Villeurbanne, près du périph’, sur le parking d’une ancienne usine, des bungalows ont accueilli jusque là 80 personnes. C’est là qu’ont débarqué ces militants du droit au logement. A leurs côtés, le curé de Gerland devenu figure du soutien aux sans-abri (il accueille plusieurs SDF dans ses locaux), mais aussi plusieurs dizaines de libertaires, habitués des ouvertures de squats à Lyon.

Ils sont restés avec les familles qui n’avaient nulle part où aller après la fin de leur prise en charge dans des bungalows.
29 personnes, soit huit familles, restent sur le site malgré la fin officielle de leur prise en charge (sur les 80 places). Déboutés du droit d’asile, en attente de régularisation, français, allemands, angolais : les profils et les nationalités sont très variés.

Parmi ces pensionnaires, la famille de Crayane, la trentaine. Elle a un mari et deux enfants dont un de huit ans et l’autre de dix mois. Cette arménienne est arrivée en France il y a un an. Depuis décembre, toute la famille loge dans une pièce unique d’un bungalow que la société Dom’Ici loue à l’association gestionnaire des lieux, Lahso (ex-Hôtel Social). Depuis lundi, comme les autres, elle est censée avoir quitté les lieux. Elle ne sait pas si c’est « son droit ou non de rester ici » :

« Nous n’avons pas de solutions, pas de famille. Nous n’avons pas le choix de rester là où on est ».

Lire la suite :
http://www.rue89lyon.fr/2014/04/02/lyon-la-remise-la-rue-des-sdf-se-fait-au-forceps/

Tag(s) : #Divers Faits