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La poésie est une arme chargée de futur

Transmis par Josefa

Voici les deux poèmes dont je t’ai parlé hier  Yo tengo tantos hermanos et La poesía es un arma cargada de futuro ( avec les traductions-trahisons prises sur internet par facilité) j’ai ajouté la chanson de Violeta Parra, Gracias a la vida. Tu trouveras tous ces textes chantés sur youtube par de nombreux et nombreuses interprètes.

A très bientôt,

Josefa

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La poésie est une arme chargée de futur
Du poète Espagnol Gabriel Celaya [18 mars 1911 - 18 avril 1991]

Quand on n’attend plus rien d’exaltant pour soi-même
Mais que l’on palpite et que l’on avance au plus près de la conscience
Tout en existant férocement, tout en affirmant aveuglément
Comme une pulsation qui frappe les ténèbres,

Quand on regarde bien en face
Les yeux vertigineux et clairs de la mort
Alors on dit les vérités,
Les barbares, terribles, amoureuses cruautés.

Poésie pour le pauvre
Poésie aussi nécessaire que le pain quotidien
Que l’air que nous exigeons treize fois par minute
Pour être, et puisque nous sommes, dire un oui qui glorifie.

Parce que nous vivons sous les coups, parce que c’est à peine
Si on nous laisse dire que nous sommes qui nous sommes
Nos chants ne peuvent pas être, sans déchoir , de l’ornement
Nous touchons le fond, nous touchons le fond.

Je maudis la poésie conçue comme un luxe culturel par les neutres
Qui, s’en lavant les mains, se désintéressent et s’évadent
Je maudis la poésie de celui qui ne prend pas parti
Parti jusqu’à se salir les mains.

Je fais miennes les fautes, je sens en moi tous ceux qui souffrent
Et je chante en respirant,
Je chante, je chante et en chantant par delà mes peines
Mes peines personnelles
Je grandis, je grandis.

Je veux vous donner vie, provoquer de nouveaux actes
Et je calcule pour cela ce que peut ma technique,
Je me sens un ingénieur du vers et un ouvrier
Qui travaille avec d’autres à l’Espagne, à l’Espagne dans ses aciers.

Ce n’est pas une poésie pensée goutte à goutte
Ce n’est pas un beau produit, ce n’est pas un fruit parfait
C’est ce qui est le plus nécessaire : ce qui n’a pas de nom
Ce sont des cris, au ciel, et, sur la terre, des actes.

Parce que nous vivons sous les coups, parce que c’est à peine
Si on nous laisse dire que nous sommes qui nous sommes
Nos chants ne peuvent pas être, sans déchoir, de l’ornement
Nous touchons le fond, nous touchons le fond.

Gabriel Celaya

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Gabriel Celaya, né à Hernani le 18 mars 1911 et mort à Madrid le 18 avril 1991, est un poète espagnol appartenant à la Génération de 36.
Il obtient en 1986 le Prix national des Lettres espagnoles.

Sa fiche sur Wikipedia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Celaya

Paco Ibañez - La Poesia es un arma cargada de Futuro

Tag(s) : #Divers Faits, #Alternatives