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[Tunisie] Des artistes emprisonnés

Transmis par Diogène Vortex le 21 septembre 2013

Donc résumons, avant hier, "on" vole les disques durs de Nejib Abidi, contenant les rushs de son film, ainsi que tout ce qu'il a filmé/enregistré après le 14 janvier 2011.

Et à l'aube d'aujourd'hui, des policiers l'arrêtent chez lui, avec le cinéaste Abdallah Yahya, le technicien son Yahya Dridi et le musicien Slim Abida.

Nejib n'est pas n'importe qui, et ceux qui participent de prés aux événements qui ont bousculé la Tunisie depuis décembre 2010, savent très bien qui est ce militant, et quels rôles il a joués. Un peu toujours, il était là pour organiser, militer, penser, critiquer, prendre les premières places quand il y a des risques et que la plupart refusent d'avancer. Et toujours dans un silence absolu.

En l'arrêtant, la police envoie un message clair à la jeunesse révoltée tunisienne : c'est la guerre ouverte.

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Transmis par S. le 3 septembre 2013

Prison ferme pour deux rappeurs tunisiens jugés à leur insu

Deux rappeurs tunisiens ont été condamnés, à l'issue d'un procès dont ils n'avaient pas été prévenus, à 21 mois de prison en raison des paroles de leur chanson pendant un concert, a indiqué leur avocat lundi, dénonçant une nouvelle atteinte à la liberté d'expression.

"Ce procès a eu lieu sans que nous ayons reçu de convocation (...) je vais parler à mes clients pour faire opposition à ce jugement mais cette peine de prison ferme montre que l'acharnement contre la liberté artistique, la liberté d'expression, continue", a déclaré Me Ghazi Mrabet. "C'est un jugement avec exécution immédiate", a-t-il ajouté. Les deux musiciens peuvent dès lors être incarcérés à tout moment.

Les rappeurs, Ala Yaacoubi, alias Weld El 15, et Ahmed Ben Ahmed, alias Klay BBJ, ont été condamnés et jugés sans avoir été prévenus du procès, ni informés de leur inculpation pour outrage à des fonctionnaires, atteinte aux bonnes moeurs et diffamation.

Lire la suite :
http://clap33.over-blog.com/article-tunisie-prison-ferme-pour-deux-rappeurs-tunisiens-juges-a-leur-insu-120042311.html

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Transmis par Hind Meddeb le 22 septembre

A diffuser le plus largement possible

"LES PRISONS TUNISIENNES POUR LA PRODUCTION ARTISTIQUE"

Aux alentours de 4 heures du matin, dans la nuit du vendredi 20 au samedi 21 septembre 2013, Nejib Abidi, Yahya Dridi, Abdallah Yahya, Slim Abida, Mahmoud Ayed, Skander Ben Abid, accompagnés de deux amies artistes et étudiantes engagées et activistes ont été arrêtés au domicile de Nejib Abidi situé dans le quartier Lafayette à Tunis. Nous n’avons réussi à obtenir que très peu d’informations. Nous savons qu’ils ont été d’abord conduits au commissariat de Bab Bhar à Tunis dans lequel ils sont restés environ douze heures et où ils ont été vus pour la dernière fois par une amie. A l’heure actuelle, nous ignorons tout du lieu où ils ont été conduits et de leur état de santé. Aucune raison officielle justifiant leur arrestation et leur détention n’a été communiquée.

NEJIB ABIDI, 29 ans, est cinéaste et président d’Asso Chaabi, ancien syndicaliste à l’UGET. Il est connu pour ses positions opposantes radicales au gouvernement de Ben Ali et a ceux qui lui ont succédé depuis le 14 janvier 2011. La veille de son arrestation, un des deux disques durs, contenant les rushs de son documentaire en préparation, a été volé à son domicile, les données d’un autre disque dur ont été effacées définitivement après formatage. Nejib est apparu publiquement pour la dernière fois lors des rassemblements de soutien à Jabeur Mejri et à Nassredine Shili. Ce dernier est le producteur de son film.

YAHYA DRIDI, 26 ans est ingénieur du son et secrétaire général d’Asso Chaabi. Il travaille depuis longtemps avec Nejib. Ils ont mené ensemble depuis le début les investigations et le tournage du documentaire pour lequel ils se sont rendus en en Italie. Attentif aux questions de justice sociale et militant aussi de la première heure, Yahya s’investit essentiellement sur des films engagés. Il réside entre la Tunisie et la France où il mène ses activités artistiques.

ABDALLAH YAHYA, 34 ans, est réalisateur. Son documentaire « Nous sommes ici » est sorti l’année dernière. Il met en lumière le quotidien des habitants de Jebel Jloud, quartier situé à quelques kilomètres de la capitale où sont concentrés chômage, misère économique et difficultés sociales. Son prochain film « Le Retour », en phase de réalisation finale, est également produit par Nassredine Shili.

SLIM ABIDA, 33 ans, est musicien bassiste, fondateur du groupe Jazz Oil. Il réside entre Tunis et Paris. Présent sur la scène musicale contestataire depuis plus de 10 ans, il travaille avec Nejib, Yahya et Mahmoud sur la bande son de leur prochain film.

MAHMOUD AYAD, 29 ans est pianiste. Il a travaillé avec de nombreuses personnalités de la scène alternative et contestataire en Tunisie.

SKANDER BEN ABID, 20 ans, clarinettiste et étudiant à l’ISEC, ainsi que deux amies étudiantes, artistes et activistes étaient également présents.

L’arrestation a eu lieu alors qu’ils étaient réunis pour travailler sur la musique du film de Nejib.

Cette arrestation prouve encore une fois que le système sécuritaire et répressif mené par le gouvernement et la police est toujours en place.

Le gouvernement actuel, qui doit sa mise en place à tous ces jeunes et moins jeunes qui ont dépassés leur peur et ont renversé le dictateur au cours de la Révolution n’a aucunereconnaissance envers le peuple tunisien et sa jeunesse active. Il spolie notre Révolution et bafoue nos droits. Nos amis se battent pour la liberté et la justice au quotidien.

A travers un choix de vie qui vise à faire progresser notre société, ils ont un réel souci de l’autre et en particulier de leurs concitoyens, méprisés par le système. Leur arrestation qui s’inscrit dans la lignée de celles de Jabeur Mejri, Ghazi Beji, Weld El 15, Klay BBJ, Nessreddine Shili vise à poignarder la Liberté d’Expression et la Liberté de Conscience au cœur.

Ces libertés fondamentales semblaient acquises après le 14 Janvier. Certains députés avaient même garanti leur inscription dans la Constitution et le gouvernement se vantait d’avoir instauré un Etat de Droits.

Nous sommes révoltés de constater toute cette injustice qui s’abat sur les jeunes tunisiens révolutionnaires quand, en même temps, des membres du RDC sont remis en liberté, des criminels sortent des tribunaux avec des remises de peines, du sursis et que par dessus tout, on ne sait toujours pas qui a tué Chokri Belaid et Mohamed Brahmi.

Nous venons, par ce communiqué, revendiquer haut et fort :

- LA LIBERATION IMMEDIATE ET SANS CONDITIONS DE NEJIB, YAHYIA, ABDELLAH, SLIM, YAHYA, MAHMOUD, SKANDER, AYA, AMAL, NASSREDDINE, JABEUR, WELD EL 15, KLAY BBJ ET DE TOUS CEUX QUI SUBISSENT LA REPRESSION A L’EGARD DE LA LIBERTE D’EXPRESSION ET DE CONSCIENCE

- L’ARRET DES PERSECUTIONS ENVERS LA JEUNESSE ET EN PARTICULIER CELLE QUI CONTINUE A LUTTER POUR LA REALISATION DES OBJECTIFS DE LA REVOLUTION

- LE DEMANTELEMENT DE L’APPAREIL REPRESSIF ET LIBERTICIDE HERITE DU REGIME DU 7 NOVEMBRE ET QUI REPOSE SUR LA COLLABORATION ENTRE LA POLICE ET LA JUSTICE

Le comité de soutien aux artistes arrêtés

Tag(s) : #Infos Internationales
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